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Tant que je serai noire
Couverture Tant que je serai noire Après Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage (Les Allusifs, 2008), Tant que je serai noire poursuit le récit de la vie de Maya Angelou à partir de 1957 lorsqu’elle décide de quitter la Californie pour partir avec son fils Guy s’installer à New York et y devenir écrivaine. Très vite, sa témérité, sa détermination et son talent en font rapidement une figure notoire du Harlem littéraire. Puis, Maya Angelou raconte les débuts de son expérience africaine, lorsqu’elle décide de suivre un héros de la lutte des droits des Noirs d’Afrique du Sud. Après une longue étape au Caire à l’époque où les mouvements anticolonialiste y convergeaient, c’est le voyage au Ghana et le retour vers les terres d’où ont été arrachés ses ancêtres.
Ce récit autobiographique raconte la vie d’une femme qui a été un témoin privilégié des importants événements de l’histoire des Noirs au début des années soixante, alors qu’aux États-Unis, ils se soulevaient contre le racisme établi et qu’en Afrique, ils se libéraient du joug colonialiste. S’y dessine l’autoportrait d’une femme exceptionnelle qui parvient à intégrer jusque dans les plus profonds replis de sa vie intime une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.
 
TITRE : Tant que je serai noire
AUTEUR : Maya Angelou
TRADUCTEUR : Lori Saint-Martin et Paul Gagné
PAYS : États-Unis
NOMBRE DE PAGES : 368
PRIX : 29,95 $ / 24 €
ISBN : 978-2-922868-75-3
DATE DE PARUTION : 25 août 2008
EXTRAIT
Je l’entrevis d’abord par la porte moustiquaire, et ma nervosité se mua aussitôt en stupéfaction. Son visage bouffi ne gardait presque rien de sa beauté de naguère. Elle avait les yeux d’un noir éteint. Lorsque Wilkie fit les présentations, la main de Billie Holiday resta un moment dans la mienne, pareille à un jouet en caoutchouc.
— Ça va, Maya ? dit-elle. C’est joli, chez toi.
Elle n’avait même pas jeté un coup d’oeil autour d’elle. Je reconnus toutefois la voix traînante, mince et geignarde qui, certains soirs de solitude, m’avait tenu compagnie.
J’apportai du gin et j’écoutai Wilkie et Billie se remémorer le bon vieux temps et leurs amis communs de Washington, dc. Les noms qu’ils évoquaient et les escapades qui les faisaient glousser ne voulaient rien dire pour moi, mais j’étais fascinée par leur conversation et par la complexité de la langue de Billie. La fréquentation des clochards, des arnaqueurs, des joueurs et des escrocs à la petite semaine m’avait exposée aux gros mots. Et pour avoir passé des années dans les loges des boîtes de nuit, des cabarets et des bastringues en tous genres, je croyais connaître tous les blasphèmes. Je n’avais encore rien entendu. La langue de Billie Holiday était un mélange de railleries et de vulgarité qui me prit complètement par surprise.

AUTEUR
Romancière, comédienne, chanteuse, danseuse, poète, journaliste, cinéaste, professeure, militante, née le 4 avril 1928 à Saint-Louis, dans le Missouri, Maya Angelou a vu défiler le vingtième siècle américain et s’y est engagée corps et âme. À dix-sept ans, elle a donné naissance à son fils, Guy, qu’elle a d’abord élevé aux côtés de sa mère, puis seule en Californie. En 1957, décidée à devenir écrivaine, elle est allée vivre à Harlem, épicentre de l’activité intellectuelle des Noirs américains, en pleine effervescence du mouvement des droits civiques. Elle a travaillé comme coordonnatrice de la section new-yorkaise de l’organisation dirigée par Martin Luther King jusqu’à ce qu’elle quitte l’Amérique avec Vusumzi Make, combattant pour la liberté et les droits des Noirs d’Afrique du Sud. De 1960 à 1964, elle a vécu en Égypte et au Ghana où elle a travaillé comme journaliste.
Le 4 avril 1968, jour où Maya Angelou devait fêter ses quarante ans, Martin Luther King a été assassiné, une triste coïncidence qui a en quelque sorte achevé de lier intimement la vie de Maya Angelou au destin des Noirs américains. C’est un ami proche, l’auteur James Baldwin, qui lui a appris à apprivoiser la douleur en écrivant. Elle a publié six volumes de ses mémoires, une dizaine de recueils de poèmes, des livres pour enfants, des essais ; elle a aussi écrit des scénarios de films et des pièces de théâtre.
Depuis, Maya Angelou, mise en nomination notamment pour le prix Pulitzer et le National Book Award, a été la lauréate d’une longue liste de prix littéraires et a obtenu diverses mentions honorables pour le travail qu’elle a acccompli au sein de la communauté noire américaine ; elle a aussi reçu plus d’une trentaine de diplômes universitaires honorifiques. À quatre-vingts ans, elle parcourt les États-Unis et le monde pour monter sur scène et parler, réciter et chanter ; des événements qui rassemblent toujours des foules de fidèles admirateurs. Oprah Winfrey, une des personnalités médiatiques les plus influentes aux États-Unis, lui voue une admiration sans bornes et dissémine l’oeuvre de celle qu’elle appelle sa mère-soeur-amie-mentor. Les livres de Maya Angelou lui ont amené et le succès critique, et l’estime du public, pour lequel elle est devenue une figure charismatique qui incarne à la fois la sagesse la plus solide et l’audace la plus débridée.

EXTRAIT DE PRESSE
On rit, on pleure, on se bat pour survivre avec Maya. Quelle vie, se dit-on. On sort de cette lecture revigoré, prêt à en découdre avec la vie, à ne pas baisser les bras. Ce n'est pas le moindre des cadeaux de Tant que je serai noire.
Julia Ficatier | La Croix-

Dans son récit au long cours, pittoresque, savoureux et plein d'humour, elle fait revivre admirablement l'atmosphère collective des concerts et manifs.
David Fontaine | Le Canard enchaîné-

Elle fut l'amie de Malcom X et de Martin Luther King. Ses livres sont au programme des écoles. Aux États-Unis, l'écrivaine noire américaine est l'une des grandes figures de l'histoire contemporaine. Elle est enfin traduite en français.
Corine Lesnes | Le Monde-

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