Retour à la page d'accueil
Effondrement
Couverture Effondrement La haine et la rancœur peuvent ronger un être jusqu’à le détruire. C’est ce qui arrive à doña Lena Mira Brossa, épouse d’Erasmo Mira Brossa, avocat, président du Parti national hondurien, et mère d’une fille unique, Teti. Ses griefs envers ses proches se sont accumulés au fil des années. Les frustrations sont telles que le mariage de sa fille Teti, met le feu aux poudres : elle épouse Clemente, divorcé, beaucoup plus âgé qu’elle et qui, comme si c’était trop peu, est accusé d’être un communiste salvadorien, donc deux fois honni, d’une part pour sa nationalité, d’autre part pour son idéologie. La situation familiale devenue intenable, Teti part vivre au Salvador avec son mari et son fils, pour doña Lena la pire des trahisons. Sur ce éclate en 1969 une guerre entre le Honduras et le Salvador qui rend la situation encore plus difficile, d’autant que Clemente est mystérieusement assassiné. La candide Teti doit se débattre dans un monde trop grand pour elle et auquel elle ne comprend pas grand-chose. Et c’est ainsi que s’entremêlent deux tragédies, l’une familiale et l’autre historique (une guerre absurde et futile qui affaiblit les deux pays). Comme dans La mort d’Olga María, Horacio Castellanos Moya utilise la voix d’une bourgeoise hystérique pour faire un portrait au vitriol des classes possédantes d’Amérique centrale aux irrésistibles effets comiques sur arrière-plan grinçant et amer.
 
TITRE : Effondrement
AUTEUR : Horacio Castellanos Moya
TRADUCTEUR : André Gabastou
PAYS : Salvador
NOMBRE DE PAGES : 224 pages
PRIX : 23,95 $ / 16 €
ISBN : 978-2-923682-04-4
DATE DE PARUTION : 19 août 2010
EXTRAIT
— Que vont dire les gens, Lena ? Penses-y, dit Erasmo en entrant dans sa chambre.
Elle le suit et s’assied sur le bord du lit.
— C’est maître Molina qui va les marier, il posera des questions sur toi. Les chroniqueurs des rubriques mondaines, tes ex-collègues journalistes, les photographes, vont arriver…
— Cette racaille…
— Tout le monde va se rendre compte de ton absence. Tu ne devrais pas faire ça à Teti. C’est notre fille.
— Je t’ai déjà dit que je n’irais pas. Il y a un de ces désordres dans cette chambre !
Erasmo ôte sa veste et l’accroche au portemanteau. De la ceinture il sort la cartouchière avec son revolver de calibre 38 à canon court et la pose sur la table de nuit. Il dénoue sa cravate et s’arrête devant la glace de la coiffeuse.
— Fais-le pour Erasmito…
— Ne mêle pas mon prince à tout ça ! hurle-t-elle en tapant sur le lit.
— Ne crie pas comme ça…
— Je crie comme j’en ai envie, idiot… Et je ne veux pas que tu reparles d’Eri. D’accord ? Il n’a rien à voir avec tout ça. Compris ?…
— Au lieu de tant t’énerver et de faire des crises, tu devrais te préparer tout de suite parce qu’il est déjà tard, dit Erasmo en mettant sa cravate neuve. Moi, je suis prêt dans une minute.
— Erasmo, qu’il soit bien clair que je ne vais pas aller à ce machin vulgaire, encore moins chez Berta, cette putain intrigante. Pourquoi se marient-ils précisément chez elle ? Dis-moi…
— Eh bien, parce que tu n’as pas voulu que la cérémonie se déroule ici.
— Mensonge !

AUTEUR
Horacio Castellanos Moya est né au Honduras en 1957, mais a vécu la majeure partie de sa vie au Salvador. Il vit aujourd’hui à Pittsburgh, en Pennsylvanie. L'oeuvre d'Horacio Castellanos Moya est parcourue d'un souffle rageur et brutal heureusement apaisé par un humour féroce, dernier rempart contre la bêtise. Après Le dégoût, La mort d’Olga Maria, L’homme en arme, Déraison, Le bal des vipères, et Là où vous ne serez pas, son septième roman, Effondrement, est le dernier à paraître aux éditions Les Allusifs.

EXTRAIT DE PRESSE
Un fantastique roman, d'une rare cruauté pour les oligarchies sud-américaines. Fidèle à son habitude, Moya a choisi son arme : l'humour grinçant et, une fois de plus, il fait mouche.
Alexis Liebaert | Marianne

La grande force de Castellanos Moya, en dehors de son humour rageur, ce sont ces voix contrastées. Elles le dispensent de tout commentaire, prenant à leur charge la dénonciation du jeu social. L'hystérie de la bourgeoise trahie. Les soucis de Teti expatriée au milieu d'ennemis potentiels, chargée de famille, dépassée par les enjeux politiques. La loyauté du jardinier, révélatrice du paternalisme toujours en vigueur.
Isabelle Rüf | Le Temps

Variant subtilement les formes littéraires (théâtre, correspondance, récit à la premirère personne), Effondrement est un roman sur l'impossible communication entre les êtres, sparés oar une barrière sociale, géographique ou affective. Une barrière qui ronge, dévore, et conduit souvent au pire.
Fabrice Lardreau | Transfuge

La fascination qu'exerce Thomas Bernhardt sur Moya est évidente, le titre pourrait d'emblée nous le rappeler, son goût pour la farce noire, son excès traversé d,une drôlerie dramatique rappellent souvent le génie autrichien. Mais ici la latitude a changé, la comédie change d'horizon, les bouffons sont moins couverts. En Amérique centrale les tragi-comédies semblent moins feutrées, l'hystérie plus prompte à être démasquée : on hurle plus vite peut-être.
Vincent David | Blod de la librairie Mollat

La construction inattendue du texte, sa manière d'adopter plusieurs points de vue (narration impersonnelle et goguenarde au début, échanges de lettres entre le père et la fille ensuite, récit de l'employé de maison de dona Lena pour finir, à une époque différente à chaque fois) et sa tonalité ambiguë - entre sarcasme et gravité, réalisme et comédie - font qu'on ne sait pas vraiment si c'est le rire ou l'effroi qui s'impose. Mélangeant psychologie individuelle et collective dans une ambiance de carnaval tragique, Effondrement est un roman caustique et torrentiel, bien dans la manière de cet écrivain dont Roberto Bolano disait qu'il écrivait "comme s'il vivait au fond de l'un des nombreux volcans de son pays".
Bernard Quiriny | Le Magazine LIttéraire

"Avec Effondrement, Horacio Castellanos Moya se révèle une fois de plus comme l'un des meilleurs connaisseurs des hommes et des sociétés qui semblent répéter leurs névroses à l'infini. Comme toujours chez l'écrivain salavdorien, la violence est filtrée par le langage.
Le texte est brut, dense, intense. L'écrivain, un joyeux mélancolique, sait combiner avec art le tragique et le comique. Tour à tour grave ou cocasse, son roman est une victoire sur l'effondrement. C'est le triomphe de l'écriture."
Suzanne Giguère | Le Devoir-

" Découpé en trois parties qui jouent sur des genres différents, pièce de théa^tre, genre épistolaire et journal, Effondrement est le portait, de 1962 à 1991, d'une bourgeoise hondurienne aigrie, névrosée, qui s'est donné pour mission de pourrir la vie de son entourage"
Marielle Bedek | La Presse

"L’auteur de L’homme en arme possède, on le sait, un sens aiguisé du dialogue, de la satire, manie à merveille le grotesque et l’outrage verbal. Une fois de plus Horacio Castellanos Moya brosse ici un portrait édifiant des notables sud-américains. Comme toujours, il le fait d’une plume abrasive qui emporte tout sur son passage."
Alexandre Fillon | Livres-Hebdo-

“Au travers de cette violente discorde, c’est la rivalité entre les deux pays qui se fait jour, aiguisée par une passion commune pour le football. Un match entre le Honduras et Salvador s’est bel et bien terminé par une guerre véritable. Caustique et joyeux, Effondrementabonde en scènes de franche comédie.”
Olivier Barrot | Un livre, un jour - France 3-

Cette femme déchainée et toxique pour son entourage est le reflet même des tensions politiques qui oeuvrent à l’extérieur entre le Honduras et le Salvador. Sa fille Teti ne pourra supporter la tyrannie de sa mère qui la hait et part s’installer avec son mari Clemente et son fils Eri au Salvador pour vivre sa vie de femme indépendante. Le mode de communication de Lena ne peut être que la violence, son fiel traduit son malaise face à l’insupportable réalité de son pays, sa famille de dirigeants ne contrôle plus rien, elle est dépassée et ne peut que déborder sur une folie haineuse et paranoïaque. La virulence de sa propre guerre interne illustre les atrocités de la guerre : « Hondurien, prends un rondin et tue un Salvadorien ».
Caroline Rameau | Benzine magazine-

"La construction de ce court texte intense et rigoureux dans le rythme et la structure est une petite merveille. Tout résonne comme une histoire qui n'aspire qu'à une mise en scène au théâtre tant les jeux de temps, de lieu contribue à tisser le décor du drame. Trois chapitres comme trois actes jusqu'au drame final. Un petit bijou à dévorer tant pour le style corrosif et grinçant de Moya que pour la structure éclatante des jeux de narration, et le thème; bien sûr, sur une Histoire de l'Amérique centrale qui nous échappe parfois...
Bab's | Culture sur le Zinc-

Comme dans La mort d’Olga María, Horacio Castellanos Moya utilise la voix d’une bourgeoise hystérique pour faire un portrait au vitriol des classes possédantes d’Amérique centrale aux irrésistibles effets comiques sur arrière-plan grinçant et amer.
Dernier roman du romancier salvadorien Horacio Castellanos Moya à être publié en français, Effondrement confirme ses dons de portraitiste acide. Horacio Castellanos Moya se révèle une fois de plus comme l’un des meilleurs connaisseurs de sociétés qui semblent répéter leurs névroses à l’infini.
- Librairie L'Oeil au Vert

"Depuis que les mères existent, elles ont tous les torts.
Grâce à M" Freud lui-même, on sait que les mères sont des ogres.
Celle croqué par Moya vaut le détour..."
Martine Laval | www.telerama.fr - Blog "Lectures buissonnières"-

+ crédits