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Le don de Vorace
Couverture Le don de Vorace Le don de Vorace, ouvertement invraisemblable, est une parodie du début à la fin. Il est construit sur la structure d’un monologue. Son protagoniste, Bernardo Vorace, constate, après plusieurs vaines tentatives de suicide, qu’il est immortel. Il fait cette découverte dès la première page du roman, après s’être réveillé avec une balle dans la tempe. Le reste du récit est la dérive criminelle d’un homme dépouillé de principes moraux par l’impossibilité de mourir. Avec le scepticisme propre aux adultes désabusés, il aime se moquer de la solennité qu’apprécient tant les adeptes du genre poétique. On trouve souvent parmi ses vers les étincelles du génie qui, tant d’années après, stupéfient encore le lecteur.
Nous savons par le père de l’auteur, qui a contribué à la rédaction du livre en le dactylographiant, que nombre de ses chapitres furent récités d’un jet par Casanova, pressé de le soumettre dans les délais à un concours littéraire, un des nombreux qu’il a gagné. Un livre de ce genre ne se planifie pas. On l’écrit dans un état de transe, on l’improvise dans l’énergie d’une invention agile, ou simplement le livre vient.
 
TITRE : Le don de Vorace
AUTEUR : Félix Francisco Casanova
TRADUCTEUR : Marianne Millon
PAYS : îles Canaries
NOMBRE DE PAGES : 220
PRIX : 24,95 $ / 18 €
ISBN : 978-2-923682-06-8
DATE DE PARUTION : 23 avril 2010
À PROPOS
(...) il faut s'incliner devant le talent inouï de ce jeune poète couvert de lauriers pour ses recueils publiés à 17 ans. Visionnaire, désespéré, sarcastique, et romantique en diable, drôle et méchant : tel est le Casanova que nous découvrons aujourd'hui.
Martine Laval | Télérama

EXTRAIT
Je me sens vraiment mieux. Les virgules d’eau sur la vitre estompent le paysage, ou alors ce sont mes yeux qui déploient ce rideau de pluie autour de moi. Je crois que j’ai souri exactement comme les moribonds joyeux, mais cette fois non plus je n’arrive pas à mourir. Je parviens au comble du grotesque.
Je compte jusqu’à dix et je me propulse en avant. Mon dos semble collé au matelas avec du chewing-gum, les draps sont le prolongement de ma peau et cette sueur d’animal malade me parcourt le corps comme un péché. Je commence à harnacher la bête de mon cerveau : la monture du raisonnement, les éperons de la logique. Je me débarrasse de ma veste de pyjama comme si j’ôtais celle d’un mort. Je remonte mes pieds du fond du lit, je ne les aurais jamais crus aussi lourds. Je suis sûr qu’on me prendrait pour un zombie sortant de son cercueil. La dyspnée diminue. Je me retrouve soudain debout, en tremblant j’essaie de m’accrocher à la commode, mais il n’y a plus de commode, juste un petit tabouret qui supporte des flacons de médicaments. J’en attrape un en forme de bouteille et je le place à hauteur de mes yeux, mais je ne parviens pas à relier plus de deux syllabes. Bon sang, c’est illisible ! (J’ignore si je pense ces mots ou les prononce.) Je ne sais peut-être plus lire, amnésie totale. L’espace d’un instant, cela me semble merveilleux : ne rien savoir et recommencer. Mais, vaine illusion, la mémoire commence à tout refaire en sens inverse et les images, les voix, les noms accourent à moi comme les gens à la sortie d’un cinéma. Je finis par lire la fameuse étiquette, mais j’ai déjà oublié les premières syllabes et je n’ai pas la force de recommencer.

AUTEUR
L´écrivain espagnol Félix Francisco Casanova (Santa Cruz de la Palma, 28 septembre 1956 – Santa Cruz de Tenerife, 14 janvier 1976) était fils du poète et médecin Félix Casanova de Ayala. Son père décrit ainsi le jeune auteur : « Très tôt, à l´âge de sept ou huit ans déjà, il me surprenait avec des phrases insolites. Je me demandais où il pouvait les avoir lu. C’était des formules libres, presque surréalistes et ésotériques ». Félix Francisco Casanova a créé un groupe de rock et le mouvement littéraire Equipo Hovno. Il a reçu de nombreux prix : en 1973, à 17 ans, le plus important prix de poésie des Canaries : le prix Julio Tovar, pour son livre La serre, en 1974, le prix Pérez Armas pour le roman aujourd’hui édité par Les Allusifs, Le don de Vorace. Félix Francisco Casanova est aussi l’auteur du journal intime J’eusse aimé, écrit en 1974.

D’après les notes de son journal intime, il a écrit le roman Le don de Vorace en 44 jours, entre le 9 juin et le 23 juillet 1974. L’auteur avait alors 17 ans.

EXTRAIT DE PRESSE
Un petit miracle à découvrir.
- FHM

Félix Francisco Casanova est, d´une certaine façon, notre Rimbaud. Il est mort à cause d´un accident domestique en 1976, à 19 ans. Parfois, souvent même, je pense que Casanova n´a pas besoin d´être revendiqué. C´est nous, les mal informés, victimes de notre ignorance, qui devrions nous revendiquer face à ses œuvres
Fernando Aramburu | El Cultural, supplément culturel du quoti

Un bestiaire à la Jérôme Bosch envahit le décor de ce livre fantastique, déjanté, surréaliste, psychédélique, halluciné. Les anges gardiens y deviennent des rats ailés et les nuages des animaux grimaçants. Mais bien davantage que le récit infernal des turpitudes d'un monstre, Le don de Vorace raconte plutôt les affres d'un "cochon de poète avec le coeur plus noir que la terre".
Xavier Houssin | Le Monde

Un texte culte qui dissimule les clés du talent enragé d’un jeune qui passait ses journées à écrire et à écouter Soft Machine et John Coltrane et qui, à 19 ans, mourut dans des circonstances étranges.
Juan Cruz | El Pais

Il n’était même pas adolescent, que le beau Casanova, d’aspect mélancolique et esprit rebelle, se déplaçait entre Kafka et Baudelaire, entre Borges et Hesse, comme un poisson dans l’eau. Portant une vaste culture, il jouait de la guitare, faisait partie du groupe de rock et de l’équipe littéraire Hovno (merde, en tchèque), collectionnait des vinyles avec une passion obsessive et écrivait des vers.
Bianca Berasategui | El Cultural

Le don sauvage du génie, l’inépuisable force de la jeunesse, les échos d’un autre maudit, réapparaissent maintenant avec toute la vélocité qu’infligea à sa vie et à sa littérature le canarien Félix Francisco Casanova, mort en 1976 entre les échappements de gaz ouvert ou traître. Une carrière gâchée malgré plusieurs prix littéraires. Son Le don de Vorace réapparait.
Antonio Bordon | Il Cultural

Peu d’écrivains espagnols se risquent aujourd’hui comme s’est risqué Félix Francisco Casanova dans Le don de Vorace, où il a éclaté toutes les conventions du roman, brisant tous les schémas et toutes les prévisions. On peut dire que les mots qu’André Gide dédia a l’auteur des Chants de Maldoror sont également justes pour Casanova (...) "Son influence à travers le XIXème siècle fut nulle, mais il est, comme Rimbaud, un modèle pour ceux qui apparaîtront dans la littérature de demain ". Si nous voulons aller plus loin, on se doit de lire Le don de Vorace, qui nous vient maintenant avec toute sa charge ludique et vigoureuse.
Antonio Bordon | Il Cultural

Assurément, il ne s’agit pas d’un livre facile à lire. On sort de là épuisé, lessivé. Bien évidemment, pas autant que le narrateur.
Pour moi en tout cas il s’agit d’un bien étrange voyage. Au moins vers un ailleurs littéraire.
Quel souffle !
William Irigoyen | blogs.arte.tv Le poing et la plume

Propositions métalliques, images explosives, onirisme cauchemardesque, c'est la ligne Lautréamont qu'on dirait revue par les Doors ou Alan Vega.
Jean-Marc Parisis | Le Figaro magazine

Il y a une bonne raison de lire ce livre : rejoindre corps et âme les années 70. Le Don de Vorace est conçu et donné comme une expérience, une performance, telle qu'on en faisait en ces années-là.
Philippe Lançon | Libération

Casanova tire une iréelle dérive amorale d'où jaillit une poésie incandescente ! Culte...
- Michael, Fnac Dijon

On quitte le livre aussi déroutant que Vorace, empli d'un style somptueux, d'un lyrisme enivrant. À (re)découvrir de toute urgence !
S. B. | Le Quotidien

Littérature Vorace.
On ne sort pas de la lecture de Le Don de Vorace indemne. Il y a tellement de lyrisme, de beauté et de style qu'à la dernière page, on se demande si on n'a pas manqué quelque chose, si l'essentiel ne nous a pas échappé. Alors, on revient au chapitre un, et sans s'en rendre compte, on est aspiré, à nouveau. Bien vite, nous voilà repartis pour un tour: une deuxième lecture s'impose d'elle-même.
Sébastien Lévrier | Le Globe-Lecteur, blog littéraire

De ce premier roman de Félix Francisco Casanova, on ne peut que regretter qu'il soit aussi le dernier.
Marta Krol | Le Matricule des Anges

Force est de reconnaître qu'avec ce bref et envoûtant opus, Casanova a, d'une certaine manière, écrit sa Saison en enfer.
Alexis Liebaert | Marianne

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