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Cochon d'allemand
Couverture Cochon d'allemand Avec la distance et l’humour des enfants qui sont plus raisonnables que ceux qui les maltraitent, KNUD ROMER compose l’émouvante histoire de sa famille, rejetée par les Danois de Nykøbing, à cause des origines allemandes de sa mère. Un enchaînement presque cinématographique de brèves séquences fait défiler les personnages en Allemagne et au Danemark des années trente jusqu’aux années soixante-dix. Le grand-père paternel, un entrepreneur fou et visionnaire dont tous les projets échouent immanquablement, le père assureur qui ne vit que pour éviter le pire, la grand-mère, beauté défigurée par une explosion, qui a la larme facile et qui fait un goulasch incomparable… Mais surtout la mère, une ancienne résistante, trop fière pour répondre à la bêtise de ses voisins qui la prennent pour une nazie, et qui dissout son chagrin dans l’alcool. Et cet enfant, témoin du mépris permanent dont est frappée sa mère, trop petit pour l’aider, malgré tout son amour.
Lauréat de nombreux prix en 2006, Cochon d’Allemand dépeint dans un style dense et enlevé une époque teintée de rancœur et de culpabilité.
 
TITRE : Cochon d'allemand
AUTEUR : Knud Romer
TRADUCTEUR : Elena Balzamo
PAYS : Danemark
NOMBRE DE PAGES : 190
PRIX : 21,95 $ / 16 €
ISBN : 978-2-9228-6862-3
DATE DE PARUTION : Août 2007
À PROPOS
Il a ce talent des rares romanciers qui par un coup d’essai réussissent un coup de maître. Outre un évident bonheur d’écriture, un don à rendre en peu de mots l’esprit d’une époque, et une façon de placer, dans l’évocation de situations dramatiques, l’once d’humour sans laquelle il n’est pas de grande œuvre, la façon dont sont campés les personnages donne son ampleur à l’histoire de ce fils.
Pierre-Robert Leclercq | Le Monde des livres

EXTRAIT
"Nykøbing Falster est une ville si petite qu’elle se termine avant même d’avoir commencé. Quand on est dedans, on ne peut pas en sortir, et quand on est dehors, on ne peut pas y entrer. Dans les deux cas, on se retrouve du mauvais côté, et la seule preuve de son existence est l’odeur qui imprègne les vêtements : en été ça sent les engrais, en hiver la betterave à sucre. C’est à cet endroit que je naquis en 1960, et c’était la façon la plus sûre de ne pas exister du tout. Notre maison se trouvait au numéro 14 de la Hans Ditlevsensgade, dans la dernière rangée avant les champs de betteraves et le parc Vesterskoven. Du dehors, elle avait l’air d’une bâtisse de briques rouges avec un garage, une haie, un portillon de jardin, mais les apparences sont trompeuses : c’était un cauchemar qui me tenait prisonnier. La porte d’entrée était toujours cadenassée, tout comme celle de la cave, et père portait les clés sur lui. Les rideaux étaient tirés, et les fenêtres qui s’ouvraient vers l’intérieur se refermaient sur elles-mêmes et sur notre famille, qui comprenait père, mère, moi — et personne d’'autre.
Nous étions trois à table, matin, midi et soir, année après année, et quand Noël venait, nous avions beau tendre les bras, nous n’arrivions pas à former une ronde autour du sapin. Le jour de l’An, c’était pareil : à trois, nous jetions les serpentins et nous trinquions au champagne à minuit : Bonne année ! Nous étions trois à fêter les anniversaires, nous restions trois à Pâques, trois à la Pentecôte, toujours trois à la Saint-Jean ; de loin, nous regardions les autres qui chantaient Nous aimons notre pays, et les vacances d’été, nous les passions seuls, tous les trois, père, mère et moi-même."

AUTEUR
KNUD ROMER, né en 1960, a étudié la littérature comparée, se spécialisant en histoire des mentalités et en théorie de la fiction. Concepteur-rédacteur pour les agences publicitaires Kunde&Co, Propaganda et Emerge, il a dirigé des campagnes de publicité pour plusieurs entreprises, dont B&O et Rothschild, pour lesquelles il a gagné le Direct Marketing Prize, le Corporate Image Prize et le prix Lion à Cannes. Il a également été interprète dans les films Les idiots de Lars von Trier et Allegro de Christoffer Boe. Il a publié de nombreux essais culturo-historiques sur des sujets aussi divers que les pastilles de menthe et le suicide autoérotique.
Pour Cochon d’Allemand, Knud Romer a reçu The Danish Booksellers’ Golden Laurels, le prix BG Bank Debutant et le Weekendavisen’s Literary Prize.

EXTRAIT DE PRESSE
Il est mille façons de confisquer l’enfance. Knud Romer nous dit la sienne. Et le cœur y est souvent gros.
Clémence Boulouque | Le Figaro littéraire

[Ce premier roman] se dévore comme une lettre personnelle que l’on recevrait d’un cousin lointain et qu’on ne cesserait de relire.
André Rollin | Le Canard enchaîné

Le bouffon s’est fait roi des lettres du Danemark. Le fils méprisé de la boche a ravalé ses larmes pour devenir un grand écrivain.
Claire Julliard | Le Nouvel Observateur

La qualité du témoignage de Knud Romer repose sur la sobriété de sa confession et un humour glacial.
Geneviève Welcomme | La Croix

Une autobiographie coup de poing servie par une savante construction du récit qui dynamite la chronologie ainsi qu’une écriture dense et âpre qui magnifie le désespoir de cet écorché vif.
Laurent Perricone | La Tribune

Une fois refermé, ce livre laisse le goût d’un classique. En attendant de le devenir, il est en lice pour le prix Médicis étranger.
Philippe Lemaire | Le Parisien

Récit autobiographique bouleversant, dont la puissance tient autant au sens aigu du trait satirique, de l’humour qu'’à l'’habileté de la structure narrative.
Sophie Deltin | Le Matricule des Anges

Tour à tour hilarant, poignant, violent, ce formidable roman saisit le lecteur pour ne pas le lâcher jusqu’à ses dernières pages, stupéfiantes.
Christine Gomariz | Paris Match

On est soufflé aussi par la construction de ce texte. Qui réinvente la façon de raconter. [...] Une justesse de ton. Qui, plus le récit avance, émeut, prend aux tripes. Tout en faisant rire.
Danielle Laurin | Le Devoir

Vite, dites-moi le nom de votre écrivain danois préféré ! Oui, je m’en doutais. Je n’en ai pas non plus. Mais vous pourriez commencer ici, avec le petit roman de Knud Romer, Cochon d'’Allemand
David Homel | La Presse

Traduit habilement par Elena Balzamo, grâce au flair des éditions montréalaises Les Allusifs, ce roman dérangeant, qui a déjà gagné plusieurs prix, fait partie de la liste du prix Médicis étranger.
Elsa Pépin | Ici

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