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Yesterdays
Couverture Yesterdays « J'irai en pays blanc avec la Bible hindoue et le fouet. Les Chrétiens blancs sont bien venus avec leur Bible et leur fouet et ils ont réussi juste comme ça. J'emporterai la Bhagavad-Gîta avec moi et j'ouvrirai une école au Canada et je n'embaucherai que des professeurs hindous. Je construirai une chambre de torture dans l'école. » Roman paillard et férocement satirique, Yesterdays suit les aventures d'un jeune Caribéen qui tente d'instaurer une mission hindoue au Canada, guidé moins par la ferveur religieuse que par le désir de se venger de la blonde missionnaire canadienne envoyée dans son île pour évangéliser les païens. Au coeur de cette histoire se démène donc Choonilal, forcé de vendre sa propriété pour financer le projet douteux. Autour de lui gravite une faune hétéroclite : un prêtre sans scrupule chaussé de bottes de cowboy, une marchande qui séduit tous les mâles en vue, une foule de femmes concupiscentes. À cette intrigue s'ajoute le riche entrelacs des historiettes qui fondent l'histoire de l'île, dont on apprendra le détail au fil des commérages et des réminiscences de tous. En dépit de son ton burlesque, ce roman comporte une dimension tragique et une résonance qui sont les marques de la vraie comédie. Peuplé de personnages pittoresques, Yesterdays porte la signature du mythique Harold Sonny Ladoo, véritable étoile filante des lettres anglo-canadiennes, mystérieusement assassiné dans son Trinidad natal à l'âge de vingt-huit ans.
 
TITRE : Yesterdays
AUTEUR : Harold Sonny Ladoo
TRADUCTEUR : Stanley Péan
PAYS : Caraïbes - Canada
NOMBRE DE PAGES : 162
PRIX : 19,95 $ / 13 €
ISBN : 978-2-9228-6855-5
DATE DE PARUTION : Avril 2007
EXTRAIT
Choonilal en particulier était un Hindou pieux. Pour s’assurer de l’ordre dans le registre de son cœur, Choonilal offrait chaque matin à offrir de l’eau au soleil grâce au mât à Jhandis, à cause des dieux aryens qui vivaient autour du mât. Et parfois, Choonilal pleurait au moment d’offrir de l’eau aux dieux aryens avec son lota de cuivre ; il pleurait parce qu’il croyait que les dieux reconnaîtrait Choonilal en pleurs après sa mort ; c’était important, parce que parfois Choonilal ressentait un malaise. Juste la nuit précédente, il avait rêvé qu’il était mort et que selon le registre de son cœur il avait posé davantage de mauvaises actions que de bonnes. Ce rêve agaçait Choonilal tandis qu’il se brossait les dents. Depuis maintenant deux mois, il n’avait pas offert aux dieux. Tout ça à cause de la guerre qui faisait rage dans sa maisonnée. Il savait que les dieux attendaient cette eau, mais il préférait les négliger en attendant que ses problèmes domestiques se tassent. Choonilal savait que les querelles et les conflits n’étaient pas de bonnes choses. Pareilles activités lui feraient se réincarner en serpent ou en ver de terre après sa mort. Il boudait un peu et se souvint que même les dieux se faisaient la guerre pour établir la vertu ; voilà qui lui donnait la force de poursuivre sa querelle avec Tailor. Une fois, Choonilal avait prévenu Tailor. C’était la fois où Tailor avait menacé d’arracher avec ses dents le nez de Basdai avec ses dents. Mais en ce temps-là, Tailor était un autre homme.

AUTEUR
Harold Sonny Ladoo est né à La Trinité en 1945 dans une famille de paysans. Il a grandi aux Antilles, en travaillant dans les champs de canne à sucre et sur des bateaux. En 1968, il émigre au Canada, en s’installant avec sa femme et deux enfants à Toronto, et s'inscrit au collège Erindale. Il mène alors une double vie, passant ses journées à écrire et à étudier, et ses nuits à travailler dans divers restaurants pour faire vivre sa famille. En 1972, il obtient sa licence ès lettres, tandis qu'en septembre la maison d'édition House of Anansi Press publie son premier roman, Nulle douleur comme ce corps. Ceci vaut à Ladoo d'être immédiatement reconnu comme un nouveau talent littéraire et de recevoir du Conseil du Canada une bourse qui lui permet de retourner à La Trinité en août 1973, dans le but de rassembler des matériaux pour de nouveaux ouvrages. Ce voyage se termine tragiquement: le 17 août, on le découvre blessé dans un fossé de drainage, victime d'une attaque brutale. Il décède peu après, à tout juste 28 ans. Son deuxième roman, Yesterdays, est publié à titre posthume en 1974.