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La mort d'Olga María
Couverture La mort d'Olga María Un jour, à San Salvador, une jeune femme est assassinée d'une balle dans la tête dans sa propre maison, devant ses deux fillettes. Le tueur est presque aussitôt arrêté. Il s'agit d'un ancien militaire issu des forces spéciales contre-révolutionnaires jadis entraînées par les États-Unis, qui taira l'identité du commanditaire et le mobile du meurtre. La victime, Olga Maria Trabanino, serait une mère de famille exemplaire, du moins d'après sa meilleure amie, Laura Rivera, la narratrice de ce roman rédigé à la première personne, dans un style nerveux proche de la déposition. Mais peu à peu Laura Rivera s'immiscera derrière les façades pour dévoiler la vie secrète d'Olga Maria, qui répondit par des amours adultères aux infidélités de son mari, ce qui l'amena à frayer avec des hommes aux desseins occultes, dont El Yuca, commerçant prospère, député et dirigeant de la droite, future candidat à la présidence de la République, qui pourrait bien tremper dans des tractations. Deux enquêteurs chercheront à tirer cette affaire au clair, bientôt suivis d'un détective privé et d'une journaliste qui jetteront la confusion dans les esprits. Laura Rivera elle-même voudra démasquer les auteurs intellectuels du meurtre, mais elle s'empêtrera à son tour dans un écheveau inextricable d'intrigues tentaculaires où d'énormes intérêts sont en jeu et où chacun, tout compte fait, aurait eu des motifs pour éliminer Olga Maria. Le jour où l'assassin s'évadera de prison, Laura Rivera verra le piège se refermer sur elle. Situé quelque temps après l'accord entre le gouvernement et la guérilla pour le désarmement des combattants en échange d'une redistribution des terres, ce roman brosse le tableau des milieux selects et incestueux de la minorité possédante où, sous le couvert de la respectabilité, chacun manoeuvre pour soi-même sur un fond d'opportunisme politique, de scandales financiers et de narcotrafic, dans des relents d'oligarchie et une nostalgie des exactions. Horacio Castellanos Moya s'est fait historien des moeurs pour porter un témoignage impitoyable sur la difficulté d'établir la vérité dans une société aussi corrompue et opaque que le Salvador d'après la guerre civile. Dans ce pays qui rend fou, l'individu doit fragmenter sa personnalité pour survivre à la décomposition ambiante, au risque de s'anéantir dans la schizophrénie.
 
TITRE : La mort d'Olga María
AUTEUR : Horacio Castellanos Moya
TRADUCTEUR : André Gabastou
PAYS : Salvador
NOMBRE DE PAGES : 168
PRIX : 18,95 $ / 14 €
ISBN : 978-2-9228-6827-3
DATE DE PARUTION : 2004
EXTRAIT

1
La veillée funèbre


Une tragédie pareille, ce n'est pas possible, ma belle. J'ai passé presque toute la matinée avec Olga María dans sa boutique des Villas Españolas, tandis qu'elle s'occupait d'une commande qui venait d'arriver. C'est incroyable. Je n'arrive pas à y croire ; on dirait un cauchemar. Je ne sais pas pourquoi ils mettent si longtemps à la préparer : il est déjà cinq heures et demie et le cadavre n'est toujours pas apparu. C'est que le juge a mis un temps fou à l'identifier. Un triste sire, ce juge. Et la pauvre, couchée par terre dans le salon, tandis que la foule des curieux entrait dans la maison. Épouvantable. Moi, on m'a avertie presque tout de suite : Sergio, le frère d'Olga María, a téléphoné chez moi pour me dire qu'il était arrivé un malheur, qu'elle avait été mortellement blessée dans une tentative d'agression. C'étaient ses mots : « mortellement blessée ». Moi, je n'arrivais pas à y croire : une heure et demie plus tôt, j'étais avec elle. On était sorties de la boutique ensemble pour aller au parking. Elle avait dit qu'elle allait chercher ses filles à l'école et qu'elle m'appellerait dans l'après-midi. Voilà pourquoi Sergio m'a prise totalement au dépourvu. Je lui ai demandé où elle avait été hospitalisée. Il m'a répondu qu'elle n'était pas hospitalisée, mais qu'elle gisait morte dans son salon, que Marito avait emmené les petites chez doña Olga. J'en suis restée comme deux ronds de flan ! Je n'arrivais pas à réagir. Puis j'ai dit : « Je viens. » En conduisant comme une folle. Comme si j'étais droguée, ma belle, je me demande comment j'ai fait pour ne pas avoir d'accident. Des milliers d'images d'elle défilaient dans ma tête, notre conversation de la matinée, les ventes qui s'amélioraient, d'où sa joie, les efforts qu'elle faisait pour avoir de nouveau des rapports normaux avec Marito. C'est vraiment pas de chance, une chose pareille. Épouvantable. Comme ils habitent à La Sultana, et moi à Santa Tecla, il m'a fallu à peu près dix minutes pour arriver. La police était déjà là. Je suis sortie de ma voiture en trombe, comme pour constater que ce n'était pas vrai, qu'Olga María était en vie et que tout était faux.

AUTEUR
Horacio Castellanos Moya est né au Honduras en 1957, mais a vécu la majeure partie de sa vie au Salvador. En tant que journaliste il a été, outre correspondant de divers organes de presse latino-américains, le directeur du premier hebdomadaire de l’après-guerre au Salvador, Primera Plana. Son activité journalistique et politique l’a contraint plusieurs fois à s’exiler. Son roman Le dégoût a été salué unanimement par la critique lors de sa sortie en France.

EXTRAIT DE PRESSE
« Quelqu'un prendra peut-être un jour le temps de dresser la liste de tous les écrivains, français et étrangers, marqués durablement par l'oeuvre du grand Thomas Bernhard. Né au Honduras en 1957, Horacio Castellanos Moya avait quant à lui sous-titré son excellent et fort remarqué roman Le dégoût (Les allusifs, 2003) d'un «Thomas Bernhard à San Salvador» ne laissant aucun doute sur son influence.
Castellanos Moya récidive avec La mort d'Olga Maria, bientôt disponible aux Allusifs, et non moins convaincant. »
Alexandre Fillon | Livres-Hebdo

« À travers un banal fait divers, c'est toute une société malade que nous dévoile l'auteur, avec une extraordinaire virtuosité formelle, parfaitement jubilatoire. »
Paris-Match

« Après Le Dégoût (éd. Les Allusifs, 2003), l'écrivain salvadorien d'orgine hondurienne Horacio Castellanos Moya revient avec un livre plein de fureur, toujours aussi violent, mais encore plus abouti que le précédent. Utilisant la technique du monologue intérieur, déjà présente dans Le Dégoût, l'auteur part du meurtre d'Olga Maria Trabanino, assassinée devant ses enfants par un tueur à la solde de mystérieux commanditaires. L'intrigue passe par les yeux et par la voix de Laura Rivera, une amie d'Olga qui découvre peu à peu les monstrueux conflits de pouvoir et d'intérêts ayant conduit à cette exécution. Une fois encore, Horacio Castellanos Moya dénonce avec un grand talent les vices de la société salvadorienne, dont il a été contraint, plusieurs fois, de s'éloigner. »
Raphaëlle Rérolle | Le Monde des Livres

« Meurtre, folie, mensonge, adultère : Horacio Castellanos Moya nous trace un portrait acide de la bourgeoisie salvadorienne à travers les yeux d'une jeune femme frivole (meilleure amie d'Olga Maria, qui meurt dès le début et dont le livre se fait l'enquête). Qu'on ne s'y trompe pas : son langage naïf sait manipuler et nous révèle corruption, sexe et pouvoirs, moteurs de cette société. »
Les Inrockuptibles

« Être écrivain au Salvador n'a rien d'une sinécure. Horacio Castellanos Moya, l'un des rares romaciers locaux, a dû quitter plusieurs fois ce pays d'Amérique centrale pour échapper aux menaces de mort. Il est vrai qu'il utlise ses romans pour mettre au jour les dérives d'une société corrompue.
Dans La mort d'Olga Maria, la narratrice va révéler, à travers un hallucinant monologue intérieur, les conflits d'intérêts qui minent les classes dirigeantes de ce pays à peine remis de sa guerre civile. Un monde décrit avec férocité et justesse.»
F.B. | Métro

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