
Elle pensa alors à quel point les sentiments, tout comme l'eau qui entoure les îles, séparent les gens en même temps qu'ils les réunissent.
Surgie de la nuit des temps et des flots homériques, baignée de lumière irréelle et fleurant le thym, les orangers et les amandiers, mais aussi cruellement exposée aux tempêtes et aux ténèbres, l'île grecque de Léros figure un monde déchiré par les forces inconciliables de la vie et de la mort. Sur l'île culmine le mont Apitiki, massif rocheux coiffé d'une forteresse byzantine reconvertie en monastère qui abrite quelques cellules, une chapelle et une icône miraculeuse chargée des ex-voto de l'humanité qui souffre à ses pieds.
Là-haut, perchées entre ciel et mer dans ce décor fantastique à l'échelle des dieux, la none Nicoletta et la novice Véroniki — celle-ci naïvement zélée; celle-là revenue de tout — tâchent d'apprivoiser le silence, la noirceur et le vertige. Jusqu'au jour où survient le diacre Maximos, vagabond alcoolique et peintre d'icônes, qui apporte les tourments diaboliques du désir dans cet asile de Dieu cerné d'à-pics redoutables.
Dans ce roman noué de surprises et de malentendus où s'entrelacent trois destinées singulières, Pan Bouyoucas suggère habilement l'idée que les travers de l'être humain n'entachent en rien son honneur ni sa foi, car la difficulté d'être homme tient au fait que la loi de Dieu est spirituelle, mais que nous sommes des êtres charnels, vendus au péché. Néanmoins l'être profond de chacun gravite autour de l'idéal, le touche, puis le perd, le regagne, et l'égare encore, dans l'éternel tremblement de l'âme insaisissable vouée « aux oppositions irréductibles de la vie terrestre et du royaume des cieux », cet entre-deux où règnent des inclinations des plus humaines. « L'histoire sainte n'est pas qu'une célébration du martyre et de la mort », affirme Maximos, et le scandale n'est pas forcément l'ennemi de la bonté. L'extrême vitalité d'Anna Pourquoi évoque un rapport à Dieu et à la vie empreint de fièvre et de truculence, qui n'est peut-être pas sans connexions secrètes avec le paganisme hellénique.
TITRE : Anna Pourquoi
AUTEUR : Pan Bouyoucas
TRADUCTEUR : n/d
PAYS : Québec - Grèce
AUTEUR : Pan Bouyoucas
TRADUCTEUR : n/d
PAYS : Québec - Grèce
NOMBRE DE PAGES : 112
PRIX : 14,95 $ / 12 €
ISBN : 978-2-9228-6816-8
DATE DE PARUTION : 2004
PRIX : 14,95 $ / 12 €
ISBN : 978-2-9228-6816-8
DATE DE PARUTION : 2004
EXTRAIT
Les deux mots sont encore nettement lisibles. Deux mots peints en blanc sur le fond gris-acier de deux rochers différents.
Les deux rochers se trouvent dans l'île grecque de Léros. Plus précisément, sur le versant est et inhabité du mont Apitiki, à la gauche de la route étroite et sinueuse qui mène au Kastro, la forteresse byzantine qui en coiffe le sommet.
À droite, c'est le vide. Ce flanc sauvage de la montagne, aussi inaccessible que grandiose, s'élève à pic au-dessus de la mer qui vous attend, au moindre faux pas, trois cents mètres plus bas.
Il y a une dizaine d'années, on pouvait encore voir ces deux mots peints, en plus gros, sur d'autres rochers. Mais ces rochers se trouvaient du côté ouest et habité de la montagne et faisaient face au village de Platanos dont les maisons à terrasses, blanchies à la chaux, dégringolent, collées les unes contre les autres, depuis le Kastro jusqu'à la mer. Les habitants n'en pouvaient plus, chaque fois qu'ils ouvraient leurs volets, de regarder ces deux mots sans pouvoir trouver de réponse à la question qu'ils posaient et les avaient effacés.
Ainsi il ne reste que les deux graffitis le long d'un chemin que personne ne monte plus à pied. Les Lériotes ont tous une voiture maintenant et, quand ils passent devant, ils ne les remarquent point. Lorsqu'ils prennent ce dernier tournant avant la forteresse, leurs yeux sont fixés avec effroi sur le bord du précipice que les pneus de leur voiture frôlent à tout moment.
Donc, pour les voir, il faudra vous rendre au Kastro à pied, en empruntant la longue route qui contourne le flanc à pic et non pas l'escalier qui grimpe, du village à la forteresse, la pente plus douce du flanc ouest. Au dernier tournant, à cent mètres de l'entrée de la forteresse, regardez à votre gauche. Vous lirez : ANNA POURQUOI ? Puis, cinquante mètres plus loin : ANNA POURQUOI ?
AUTEUR
D’origine grecque, Pan Bouyoucas émigre au Québec en 1963 et devient traducteur, dramaturge et critique cinématographique. Anna Pourquoi est son sixième roman. L’autre, publié aux Allusifs en 2001, fut finaliste du prix du Gouverneur général du Canada.
EXTRAIT DE PRESSE
«Récit d'amour impossible, plein de charme et de truculence, Anna Pourquoi interroge surtout les passions qui nous gouvernent>»
Florence Noiville | Le Monde des Livres
«Servi par une plume sacrément enlevée, ce sixième roman du dramaturge canadien Pan Bouyoucas témoigne d'une inspiration peu banale et d'un irrésistible talent de conteur.»
France-Soir
«Anna Pourquoi est un roman captivant. Il se démarque par son art consommé de la narration, son humour exquis et son intensité dramatique. Pan Bouyoucas se révèle une fois de plus un excellent conteur d'histoires.»
Suzanne Giguère | Le Devoir
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Les deux mots sont encore nettement lisibles. Deux mots peints en blanc sur le fond gris-acier de deux rochers différents.
Les deux rochers se trouvent dans l'île grecque de Léros. Plus précisément, sur le versant est et inhabité du mont Apitiki, à la gauche de la route étroite et sinueuse qui mène au Kastro, la forteresse byzantine qui en coiffe le sommet.
À droite, c'est le vide. Ce flanc sauvage de la montagne, aussi inaccessible que grandiose, s'élève à pic au-dessus de la mer qui vous attend, au moindre faux pas, trois cents mètres plus bas.
Il y a une dizaine d'années, on pouvait encore voir ces deux mots peints, en plus gros, sur d'autres rochers. Mais ces rochers se trouvaient du côté ouest et habité de la montagne et faisaient face au village de Platanos dont les maisons à terrasses, blanchies à la chaux, dégringolent, collées les unes contre les autres, depuis le Kastro jusqu'à la mer. Les habitants n'en pouvaient plus, chaque fois qu'ils ouvraient leurs volets, de regarder ces deux mots sans pouvoir trouver de réponse à la question qu'ils posaient et les avaient effacés.
Ainsi il ne reste que les deux graffitis le long d'un chemin que personne ne monte plus à pied. Les Lériotes ont tous une voiture maintenant et, quand ils passent devant, ils ne les remarquent point. Lorsqu'ils prennent ce dernier tournant avant la forteresse, leurs yeux sont fixés avec effroi sur le bord du précipice que les pneus de leur voiture frôlent à tout moment.
Donc, pour les voir, il faudra vous rendre au Kastro à pied, en empruntant la longue route qui contourne le flanc à pic et non pas l'escalier qui grimpe, du village à la forteresse, la pente plus douce du flanc ouest. Au dernier tournant, à cent mètres de l'entrée de la forteresse, regardez à votre gauche. Vous lirez : ANNA POURQUOI ? Puis, cinquante mètres plus loin : ANNA POURQUOI ?
AUTEUR
D’origine grecque, Pan Bouyoucas émigre au Québec en 1963 et devient traducteur, dramaturge et critique cinématographique. Anna Pourquoi est son sixième roman. L’autre, publié aux Allusifs en 2001, fut finaliste du prix du Gouverneur général du Canada.
EXTRAIT DE PRESSE
«Récit d'amour impossible, plein de charme et de truculence, Anna Pourquoi interroge surtout les passions qui nous gouvernent>»
Florence Noiville | Le Monde des Livres
«Servi par une plume sacrément enlevée, ce sixième roman du dramaturge canadien Pan Bouyoucas témoigne d'une inspiration peu banale et d'un irrésistible talent de conteur.»
France-Soir
«Anna Pourquoi est un roman captivant. Il se démarque par son art consommé de la narration, son humour exquis et son intensité dramatique. Pan Bouyoucas se révèle une fois de plus un excellent conteur d'histoires.»
Suzanne Giguère | Le Devoir






